Association Vincent
 
 

 

 

 

 

C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière.

E. Rostand

 

 

Prémonition:

Quand, le O5 septembre 2002 au matin, je raconte à Vincent le rêve que j'ai fait dans la nuit, il se moque de moi. Quel rêve horrible, pourtant !

Je l'appelais afin qu'il se lève pour se rendre au lycée, et comme il ne répondait pas, je suis allée dans sa chambre le réveiller.  En lui touchant l'épaule pour le secouer, je me suis rendue compte qu'il était glacé.

Mon fils était mort dans son lit. Ce cauchemar est horrible, mais je ne m' y arrête pas.

Je n'ai jamais eu de rêves prémonitoires, et trop de choses ne cadrent pas avec la réalité. Les deux autres enfants, frère et sour de Vincent dans ce rêve, n'existent pas, son papa non plus, l'endroit où cela se déroule n'a rien à voir avec notre maison. Je n'y prête donc pas plus d'attention.

Le 08 septembre au matin, notre vie bascule avec ce coup de téléphone qui nous annonce que Vincent, au volant de sa voiture, a eu un accident. Son état est très grave. Si grave que le lundi 09 septembre, les machines qui me donnent l'illusion qu'il est là, qu'il va s'en sortir sont débranchées.

Mon fils, mon amour d'enfant est mort. Mais qu'est ce donc que cette horreur ?

Mercredi 11 septembre, Vincent revient à la maison pour y son dernier séjour. Notre fils n'est plus, ne nous reste que son corps, pour peu de temps, et notre peine, pour toute la vie.

Quand je prends Vincent entre mes bras pour l'embrasser, mon rêve est là, dans toute son horreur. 

Le contact est le même, exactement le même. Mon fils est glacé.

J'ai perdu mes parents, je les ai touché alors qu'ils étaient morts, la sensation physique était différente.

Me vient immédiatement en tête : qui m'a envoyé ce rêve, qui a voulu m'avertir ?

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